Modernisation des paiements en Nouvelle-Zélande : entrevue avec un représentant de la banque centrale du pays

Publié : le 17 juin 2020

Le Canada et la Nouvelle-Zélande ont plusieurs traits en commun. Par exemple, les deux pays honorent la reine sur leur billet de 20 $, impriment en sol canadien leurs coupures et en sont à moderniser leurs systèmes de paiements. Nous avons questionné Mike Wolyncewicz, sous-gouverneur et chef des finances à la Banque de réserve de la Nouvelle-Zélande, sur les nouveaux systèmes de paiements de son pays et sur l’importance de l’uniformisation et de la collaboration sectorielles pour donner vie à la modernisation.

Pour commencer, pourriez-vous expliquer la nature et les principales attributions de la Banque de réserve de la Nouvelle-Zélande?

La Banque de réserve de la Nouvelle-Zélande (BRNZ) est une banque centrale à services complets qui remplit un mandat vaste, allant de la politique monétaire aux opérations de caisse en passant par la stabilité financière. Ce dernier volet concerne surtout l’élaboration de politiques financières et la surveillance des banques, des caisses de dépôt non bancaires et des assureurs, le but étant la prévention et la détection des cas de blanchiment d’argent. La BRNZ voit aussi à la supervision et au fonctionnement des infrastructures des marchés financiers du pays, comme le système de règlement brut en temps réel (SRBTR), qui traite 12 000 paiements en dollars néo‑zélandais par jour, et le dépôt central des valeurs mobilières, qui traite chaque jour près de 2 000 opérations sur des capitaux propres et des titres à taux fixe.

Je crois savoir que la Nouvelle-Zélande a récemment mis en place un nouveau système de paiements. Pourriez-vous nous en dire plus?

Comme beaucoup de pays, nous voulions améliorer la résilience de nos systèmes de paiements et mettre en place une plateforme plus moderne et sécuritaire qui serait favorable au progrès. Nous voulions aussi une solution logicielle immédiatement accessible pour pouvoir profiter des activités de conception des utilisateurs du monde entier. Pour ce faire, nous avons effectué un examen stratégique exhaustif de nos systèmes de paiements et consulté leurs utilisateurs avant de fournir une solution prête à l’utilisation. Ces démarches ont mené au remplacement simultané de nos deux plateformes de paiements vieillissantes, qui devenaient de plus en plus difficiles à maintenir, par deux nouveaux systèmes, en février 2020.

Ces nouveaux systèmes, soit le SRBTR et le dépôt central des valeurs mobilières, ont été fournis par Perago (groupe SIA).

Au Canada, les démarches de modernisation des paiements sont mues par une collaboration au sein de l’écosystème. En Nouvelle-Zélande, quel a été le rôle de la collaboration dans la mise en place de ces nouveaux systèmes?

Vu le rôle crucial de ces systèmes dans le fonctionnement de l’économie tout entière et l’effet domino du changement sur les systèmes des utilisateurs et les interfaces client, nous avons pris grand soin de collaborer étroitement avec les utilisateurs de nos systèmes de paiements et de les faire participer du début à la fin du projet. Par exemple, nous avons veillé à les tenir pleinement informés lors de chaque décision importante et tout au long des étapes de formation, d’essai et de lancement.

Nos communications étaient complètes et judicieusement planifiées. De plus, nous n’avons pas lésiné sur les discussions en face à face et avons veillé méticuleusement à répondre aux questions et aux problèmes des clients, à un point tel, en fait, que nous croyons qu’il s’agit d’une des principales raisons grâce auxquelles le lancement s’est relativement bien déroulé.

Nous avons en outre consacré beaucoup de temps à voir à l’efficacité de nos partenariats avec le fournisseur de notre application, SIA/Perago, et le fournisseur de notre infrastructure, Datacom.

Les nouveaux systèmes du Canada utiliseront la norme mondiale sur les messages de paiements, ISO 20022. Quel est le rôle de cette norme et des autres questions de normalisation dans l’écosystème des paiements de la Nouvelle-Zélande?

Comme pour d’autres pays, l’adoption de la norme ISO 20022 s’impose comme projet majeur pour notre secteur. Nous sommes fermement convaincus des avantages de la normalisation et du besoin de réduire au minimum les solutions de prise en charge des anciens processus propres aux régions.

L’adoption de la norme ISO 20022 sera relativement facile pour nous, car notre logiciel est déjà utilisé dans nombre de pays développés, qui partagent nos besoins. Par conséquent, nous pourrons tous utiliser le même ensemble de solutions et ainsi gagner en efficacité et en rapidité grâce à un coût d’élaboration réduit. Qui plus est, la qualité du logiciel n’en sera que meilleure vu le grand nombre de tests utilisateurs.